RAGON Michel, extrait de « Zao Wou-Ki » in Cimaise, n° 57, Paris, janvier-février 1962 (p. 34).

Texte repris en espagnol pour le catalogue de l’exposition Zao Wou-Ki à Cuadernos de arte del Ateneo, Madrid, 1962.

(…) "On pense à des paysages en regardant les tableaux actuels de Zao Wou-Ki, des paysages indéfinis, flous, pour tout dire des paysages chinois. Mais lui non. Autrefois, lorsqu’il était peintre figuratif, il remplissait des cahiers de croquis qui étaient autant de notes pour des tableaux futurs. Aujourd’hui, il ne fait plus jamais de croquis d’après-nature. Lorsqu’il est en vacances, il ne regarde même pas la nature. Sans doute parce que la nature de ses tableaux est au plus profond de lui-même et que, involontairement, lorsqu’il se retrouve devant la toile blanche, il invente le paysage de ses rêves.

(…) Tout se confond, tout s’assemble, tout se métamorphose. Cézanne n’avait-il pas lui aussi senti le monde à la manière des sages chinois lorsqu’il disait qu’il voulait « unir des courbes de femmes à des épaules de collines » : Cézanne qui, toujours, finalement, peignit des pommes, qu’il s’agisse du fruit, ou des collines d’Aix ou des Baigneuses. Tout se ramenait à cet archétype, à cette courbe, à ce cercle ouvert, chez Cézanne. Paysage, peinture, le monde, le cosmos, la mer, la nature, pour Zao Wou-Ki tout cela maintenant ne fait plus qu’un. (…)."

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