JACOB François, extrait de la préface du catalogue de l’exposition Zao Wou-Ki – Paintings 1980-1985 à la Pierre Matisse Gallery de New York, Pierre Matisse Gallery Edition, New York, 1986.

"Un regard encore ouvert à tous les possibles. Un état qui précède le monde. Une route qui conduit, non à l’achèvement, mais à l’origine, aux confins de ce qui n’est pas encore. C’est là que nous entraîne la peinture de Zao Wou-Ki, vers un espace qui n’est pas encore déterminé, mais reste en suspens, hésite, plane un dernier instant avant de basculer dans ce qui, plus tard, deviendra un ordre.

(…) Il y a, dans la peinture de Zao Wou-Ki, une perpétuelle mise en question du monde. Un acharnement à le re-créer. Certaines de ses toiles évoquent la fureur des origines, l’enfantement de la matière par l’énergie, les derniers soubresauts des explosions créatrices. D’autres déploient l’indocilité moqueuse des nébuleuses. Ou la naissance de la lumière. Ou l’invention de l’eau. Ou le premier matin, comme ce merveilleux petit triptyque aux blancs rosés. Et en filigrane, par-delà, les convulsions de la matière, comme prête à sourdre, la vie."

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