ROY Claude, extrait de Zao Wou-Ki, collection Les Grands Peintres, Éditions Cercle d’Art, Paris, 1988 (p. 102).

« Chinois ? Français ? Orient ? Occident ?

La vérité c’est que Zao Wou-Ki n’habite qu’un pays.

Il vit en Zaowoukie depuis de longues années.

De plus en plus hardi, de plus en plus léger, il s’y est enfoncé de plus en plus profond.

A ses débuts, il y croise des gens, il y croise des chats.

Il y avait dans les cartes postales en forme de lithos ou en forme de tableaux qu’il nous envoyait de là-bas, des maisons, des mésanges, des messieurs et des dames et même des vases de fleurs. Il y avait des bonshommes, des clochers, des oiseaux sans passeport, des théières et même plusieurs cerfs branchus. Enfin tout ce qu’on peut rencontrer dans les villes.

Mais petit à petit, Wou-Ki s’est avancé dans des régions de plus en plus sauvages. Il s’est égaré aux marches extrêmes de la Zaowoukie. Il s’est avancé hardiment aux confins.

Au début, il travaillait sur le motif dans les rues des cités, dans les ports, le long de canaux à gondoles et de places à clochers.

Maintenant, comme disent les Kritikdars, il « plante son chevalet » dans les coins perdus des provinces reculées, du côté où la Zaowoukie orientale jouxte les bancs de brumes chantantes de la province d’Oniri, habitée par le peuple des rêves. »

orange dot   Retour sur la liste