Exposition en cours  Du 2 mars au 26 mai 2024

« Zao Wou-Ki – Les allées d’un autre monde » aux Franciscaines à Deauville Du 2 mars au 26 mai 2024

L’exposition des Franciscaines à Deauville, organisée par Gilles Chazal, conservateur général du patrimoine et directeur honoraire du musée du Petit-Palais à Paris, offre aux visiteurs un point de vue original sur le travail de Zao Wou-Ki. Mettant en valeur les œuvres des trente dernières années de sa vie (entre 1980 et 2010), elle montre tous les pans de création de Zao Wou-Ki ainsi que la grande cohérence de son œuvre.

À l’image des Franciscaines, lieu ouvert à toutes les créations et tous les savoirs, cette exposition présente des peintures à l’huiles, des aquarelles et encres de Chine sur papier, des estampes et livres illustrés, mais également des céramiques et des porcelaines peintes ainsi qu’une tapisserie.

Les peintures à l’huile présentées permettent un rapide parcours de son œuvre peint, insistant sur la place donnée au vide. La partie centrale de l’exposition met en valeur le grand triptyque Hommage à Claude Monet de 1991, jalon essentiel de l’œuvre de Zao Wou-Ki. Bénéficiant d’un éclairage zénithal naturel qui recrée au plus près la lumière de l’atelier, cette peinture prend une résonnance toute particulière sous la lumière normande et dans la perspective du 150ème anniversaire de l’Impressionnisme, mouvement artistique cher à l’artiste.

Vue des salles de peinture aux Franciscaines de Deauville. Droits réservés

L’exposition confronte dans toutes les salles des œuvres peintes à des œuvres créées en collaboration avec des manufactures nationales, comme la manufacture nationale de Sèvres pour la porcelaine et la manufacture nationale des Gobelins pour les tapisseries où Zao Wou-Ki travaille dès les années 1970, ou des ateliers privés comme la maison Bernardaud à Limoges pour des porcelaines peintes ou les éditions Francis Delille en Bourgogne pour des stèles peintes, éditées à 8 exemplaires. L’exposition bénéficie du prêt exceptionnel d’une grande tapisserie des Gobelins consenti par le Mobilier national de Paris.

Vue de l’exposition des Franciscaines à Deauville. Droits réservés

Plusieurs salles sont consacrées au travail de l’encre de Chine sur papier. Bien qu’il ait mis cette technique de côté à son arrivée à Paris en 1948, de crainte d’être catalogué « peintre chinois », Zao Wou-Ki a continué de la pratiquer dans son atelier. À partir du début des années 1970, grâce aux conseils de son ami Henri Michaux, Zao Wou-Ki redécouvre cette technique et travaille avec assiduité. Elle influence alors considérablement sa peinture, mettant le vide au centre de ses recherches et fluidifiant sa touche. 

Vue de la salle des encres de Chine aux Franciscaines de Deauville. Droits réservés

Au milieu des encres de Chine se détache une très grande encre de 2006, projet pour la création du rideau de scène de l’opéra de Pékin qui n’a pas abouti. La grande composition réalisée pour le collège de la Seyne-sur-Mer dans le Var, commande de son ami architecte Roger Taillibert, également auteur de la piscine olympique de Deauville en 1966, est présentée pour la première fois au public dans la galerie adjacente.

Vue de la salle des encres de Chine aux Franciscaines de Deauville. Droits réservés

L’exposition présente également des livres illustrés par l’artiste, élément essentiel de son œuvre, qui permet de mettre en lumière ses liens avec la poésie et les poètes, comme René Char, Ezra Pound et Yves Bonnefoy. Une section est également consacrée aux aquarelles sur papier. Cette technique bénéficie d’un regain d’intérêt de la part de Zao Wou-Ki à partir du milieu des années 2000. Elle lui permet de continuer à explorer l’infinie richesse de la nature et des couleurs dans des compositions toujours plus libres. L’exposition présente ainsi une des dernières œuvres de l’artiste, créée en 2010, avant qu’il ne décide de cesser de peindre.

Vue de la galerie consacrée aux aquarelles sur papier aux Franciscaines à Deauville. Droits réservés

Cette exposition bénéficie également, tout au long de son parcours, de citations de l’artiste, issues de son Autoportrait, autobiographie écrite en 1988 avec son épouse Françoise, et de sa traduction du Tao te King de Lao Tseu. Peintre à la croisée de plusieurs traditions, un des premiers de sa génération à faire la liaison entre tradition chinoise, peintures européenne et américaine, Zao Wou-Ki montre ici l’étendue de son talent et sa passion, jamais limitée, pour la création et la couleur.