Biographie

Années 1920
Zao Wou-Ki, 1920. Droits réservés
© Fondation Zao Wou-Ki, 2019. Toute reproduction interdite

1920

Zao Wou-Ki naît à Pékin le 1er février 1920 (date indiquée sur l’acte de sa naturalisation française).
Quelques mois plus tard, sa famille s’installe à Shanghai.
Il appartient à la famille T’chao, qui remonte à la dynastie Song.
À son arrivée en France, T’chao Wou-Ki devient Zao Wou-Ki (Wou-Ki étant le prénom).
Il passe son enfance à Nantong, petite ville au nord de Shanghai, où son père est banquier. Il y termine ses études primaires, puis y suit les trois premières années du secondaire.
Années 1930

1930

Dès l’âge de dix ans, Zao Wou-Ki dessine et peint, avec les encouragements de sa famille, des intellectuels qui tiennent la peinture en haute estime.
Il apprend auprès de son grand-père à tracer les caractères de la langue chinoise, préliminaire indispensable à la pratique de la calligraphie.

1935

À l’âge de quinze ans, Zao Wou-Ki passe avec succès l’examen d’entrée à l’École des beaux-arts de Hangzhou, où il suivra durant six années l’enseignement de professeurs chinois et occidentaux.
Il s’affranchit très tôt du cursus imposé pour se lancer dans la peinture à l’huile.
En 1937, l’École des beaux-arts, confrontée à l’avancée des troupes japonaises, quitte Hangzhou pour Chongqing.
Zao Wou-Ki à l’École des Beaux Arts de Hangzhou, 1935. Droits réservés
Années 1940
Avec ses soeurs à Hangzhou, 1946. Droits réservés

1941

Diplômé de son école, Zao Wou-Ki y devient professeur assistant.

Pendant cette période, il est très influencé par Cézanne, Matisse et Picasso, qu’il découvre grâce aux cartes postales que son oncle lui rapporte de Paris ou à des reproductions publiées dans des revues américaines, dont Life, Harper’s Bazaar ou Vogue, qu’il achète dans les librairies de la Concession française.

1946

Vadime Elisseeff, attaché culturel de l’ambassade de France en Chine, rencontré à Chongqing, l’encourage vivement à venir à Paris.
Le diplomate emporte à Paris une vingtaine d’œuvres de Zao Wou-Ki, qu’il présente au musée Cernuschi dans le cadre de l’« Exposition de peintures chinoises contemporaines ».

1947

Après une exposition personnelle à Shanghai, Zao Wou-Ki décide,
avec l’accord de son père, d’aller vivre à Paris afin d’y poursuivre sa formation artistique.

Zao Wou-Ki et toute sa famille au port de Shanghai avant le départ pour la France, le 26 février 1948. Droits réservés

1948 à Paris. Droits réservés
© Fondation Zao Wou-Ki, 2019. Toute reproduction interdite
1948
Le 26 février, il quitte Shanghai avec son épouse Lalan. Après trente-six jours en mer, il débarque à Marseille, d’où il rejoint la capitale française.
Il se plaît à explorer Paris et passe ses après-midi au Louvre.
Il s’installe dans le quartier des artistes, à Montparnasse, dans un petit atelier voisin de celui d’Alberto Giacometti. Zao Wou-Ki apprend le français à l’Alliance française et fréquente l’Académie de la Grande-Chaumière.
Il dira plus tard que c’est à Paris qu’il a découvert sa véritable personnalité.
Parmi son nouveau groupe d’amis cosmopolites figurent les artistes américains Sam Francis, Norman Bluhm et Joan Mitchell, le Canadien Jean-Paul Riopelle, la Portugaise Maria Helena Vieira da Silva, l’Allemand Hans Hartung et le Français Pierre Soulages.
1949
Zao Wou-Ki découvre la lithographie chez l’imprimeur Desjobert.
Première exposition personnelle à Paris, à la Galerie Creuze.
Années 1950
1950

Un premier livre de bibliophilie, Lecture par Henri Michaux de huit lithographies de Zao Wou-Ki,
paraît après que Henri Michaux, qui ne l’a pourtant pas rencontré, a spontanément écrit huit poèmes pour accompagner
les premières lithographies de Zao Wou-Ki. C’est le début d’une amitié indéfectible entre les deux hommes.

Lecture par Henri Michaux de huit lithographies de Zao Wou-Ki, 1950. Droits réservés

1951

En janvier, le marchand Pierre Loeb visite son atelier grâce à Henri Michaux. La première exposition de Zao Wou-Ki à la Galerie Pierre a lieu en juin ; leur collaboration durera jusqu’en 1957.
Lors d’un voyage en Suisse, Zao Wou-Ki est marqué par le travail de Paul Klee.
À travers ses œuvres, il est confronté à une autre manière de peindre qui le conduira vers l’abstraction.
À partir de 1953, sa peinture change : « Natures mortes et fleurs n’existent plus. Je tends vers une écriture imaginaire, indéchiffrable. »
1954
Rétrospective de son œuvre gravé au Museum of Fine Arts de Cincinnati.

Zao Wou-Ki rencontre à Paris le compositeur Edgar Varèse lors de la création de Déserts. Ils deviennent amis intimes.

En 1964, un an avant la mort de Varèse, Zao Wou-Ki peindra une toile en hommage au compositeur.
1955
Zao Wou-Ki expose pour la dernière fois à la Galerie Pierre et entame une collaboration avec la Galerie de France, dont il connaît les directeurs, Gildo Caputo et Myriam Prévot, depuis 1950.

Avec Jean-Paul Riopelle devant Foudre, 1955. Droits réservés

Avec Pierre Soulages sur l’île de Kawai, 1958. Droits réservés

1957
Première exposition à la Galerie de France à Paris. Il y retrouve ses amis Pierre Soulages, Hans Hartung et Alfred Manessier.

Zao Wou-Ki crée quatre eaux-fortes pour illustrer Les Compagnons dans le jardin du poète René Char. Ils resteront très proches jusqu’à la mort de René Char en 1988.

À l’automne, Zao Wou-Ki séjourne chez son frère Wu-Wai vers New York. Il rencontre le marchand américain Samuel Kootz et de nombreux artistes avec qui il se lie d’amitié, dont Franz Kline, Conrad Marca-Relli, Philip Guston, Adolph Gottlieb, William Baziotes, Saul Steinberg, James Brooks et Hans Hofmann.
La peinture américaine, notamment celle de l’École de New York, lui paraît plus instinctive, plus spontanée que la peinture européenne.
Il poursuit son voyage avec Pierre et Colette Soulages à Hawaï et au Japon.
1958
Zao Wou-Ki passe six mois à Hong-Kong, où il rencontre Chan May-Kan, qui devient sa deuxième épouse.
1959
La Kootz Gallery à New York présente sa première exposition personnelle. Zao Wou-Ki se rend à New York presque chaque année jusqu’en 1965.
Il achète à Paris un ancien entrepôt qu’il fait transformer en atelier.

Avec sa deuxième épouse May à Hong Kong, 1958. Droits réservés

Années 1960
1961
Première exposition à la Tokyo Gallery au Japon.

« Chez Margot », Golfe-Juan, le 03 mars 1962. Joan Mitchell, Patricia Matisse, May Zao,
Jean-Paul Riopelle et Pierre Matisse. Droits réservés

1962

Zao Wou-Ki illustre de dix lithographies La Tentation de l’Occident d’André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles.

Grâce à son soutien, Zao Wou-Ki devient citoyen français en 1964.
1965
Sixième et dernière exposition personnelle à la Kootz Gallery à New York, avant sa fermeture en 1967.
Rétrospective au Folkwang Museum à Essen.
1967
Zao Wou-Ki participe au Pavillon français lors de l’Exposition internationale de Montréal.
1968
Expositions à la Franck Perls Gallery à Los Angeles et au San Francisco Museum of Modern Art.
1969
Rétrospective au musée d’Art contemporain de Montréal et au musée du Québec.

Dans son atelier parisien devant 29.09.64 et la première version de 21.09.64, vers 1964. Photo Budd

Années 1970
Zao Wou-Ki dans son atelier parisien, 1973. Photo Mohror
1970
Zao Wou-Ki dirige le séminaire d’été d’Oskar Kokoschka (section peinture) à Salzbourg.
1971
Sur les encouragements d’Henri Michaux,
il redécouvre la difficile technique de l’encre de Chine.
1972
Décès de son épouse May en mars.
À la fin du mois, Zao Wou-Ki part en Chine retrouver sa famille, qu’il n’a pas vue depuis 1948.
1973-1975
Après une pause de plusieurs mois, il se remet au travail pour peindre de très grands formats, qui sont exposés en 1975 à la Galerie de France.
Il retourne en Chine en 1974 et 1975.
Devant la Cité Interdite Beijing, 1973. Droits réservés
© Fondation Zao Wou-Ki, 2019. Toute reproduction interdite
Vernissage de l’exposition de la Galerie Joan Prats à Barcelone en 1976,
avec Jean Leymarie et Françoise que l’artiste épouse l’année suivante. Droits réservés
1977

Quatorze tableaux, pour la plupart de grands formats, sont exposés à la Fuji Television Gallery à Tokyo, dont l’Hommage à André Malraux (200 x 525 cm).

Grâce au directeur de la galerie, Susumu Yamamoto, des œuvres entrent dans plusieurs grandes collections japonaises, dont le musée de Hakone et la Fondation Ishibashi.
Zao Wou-Ki épouse Françoise Marquet en juillet.
1978
Zao Wou-Ki fait une donation à la Bibliothèque nationale de France, qui vient compléter une série de gravures déjà conservées au Cabinet des estampes. La donation est présentée au public l’année suivante.
1979
Le marchand new-yorkais Pierre Matisse visite l’atelier de Zao Wou-Ki et propose une exposition de peintures et de dessins dans sa galerie. Pour l’artiste, qui n’a pas exposé dans cette ville depuis plus de quinze ans, ce projet revêt une importance capitale.
Années 1980
1980
Zao Wou-Ki est nommé professeur de peinture murale
à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris.

Peignant une encre de Chine dans son atelier de Paris, 1981. Photo Serge Lansac

Avec René Char à l’inauguration de l’Hôtel de Campredon – Maison René Char à l’Isle-sur-la-Sorgue, 1982.
Photo Françoise Marquet

1981 – 1982
Zao Wou-Ki achève deux triptyques pour l’exposition présentée aux Galeries nationales du Grand Palais à Paris. C’est la première exposition que lui consacre un musée français. Elle est reprise dans sept musées au Japon, à Hong-Kong et à Singapour.
1982
Zao Wou-Ki et Françoise visitent Hong-Kong, Shanghai, Hangzhou et Xi’an avant de se rendre à Pékin à l’invitation de l’Association des artistes chinois.
1983
Zao Wou-Ki se rend à Taipei (Taïwan) pour une exposition au National Museum of History. Lors de ce voyage, il rencontre le grand maître chinois Zhang Daqian, quelques mois avant sa mort.
À l’invitation du ministère de la Culture chinois, Zao Wou-Ki expose dans son pays natal pour la première fois depuis 1948, au musée national de Pékin et dans son ancienne école à Hangzhou, devenue entre-temps la Zhejiang Academy of Fine Arts.
1984
Son travail personnel ne lui permettant plus d’en assumer la charge, il démissionne de son poste de professeur à l’École nationale supérieure des arts décoratifs.
Il est fait officier de l’ordre de la Légion d’honneur par le ministre de la Culture français, Jack Lang.

Avec Françoise dans l’atelier du peintre Zhang Daqian à Taipei, 1983. Droits réservés

1985
Zao Wou-Ki et son épouse Françoise sont invités à venir enseigner tous deux à l’École des beaux-arts de Hangzhou : peinture et fusain pour lui, muséologie pour elle.

Pendant un cours à l’École des beaux-arts de Hangzhou, 1985. Droits réservés

Avec Jean Leymarie à la Villa Médicis à Rome, 1986. Droits réservés

1986
La Galerie de France présente à Paris son plus grand triptyque jamais réalisé (2,80 x 10 m), qu’il vient de terminer pour le complexe de Raffles City à Singapour construit par son ami I. M. Pei.
C’est la dernière exposition de Zao Wou-Ki dans cette galerie.
1988
Exposition chez Artcurial pour le quarantième anniversaire de son arrivée en France.
Années 1990
1991-1992
Expositions à la Fondation Vasarely à Aix-en-Provence
et à la Fondation Calouste Gulbenkian à Lisbonne.
1993
Zao Wou-Ki est promu commandeur de l’ordre de la Légion d’honneur par le président de la République française François Mitterrand.
Il est également fait docteur honoris causa de la Chinese University à Hong-Kong.
Rétrospective au Taipei Fine Arts Museum.
1994
Rétrospective au Centro Cultural de Arte Contemporaneo à Mexico.
Zao Wou-Ki est nommé lauréat du Praemium Imperiale du Japon en peinture.

Les lauréats du Praemium Imperiale du Japon en 1994 : Charles Correa (architecture),
Zao Wou-Ki (peinture), Richard Serra (sculpture) et Henri Dutilleux (musique). Droits réservés

Portrait, 1996. Photo Chou

1996
Rétrospective au Kaohsiung Museum of Fine Arts à Taïwan et au Hong Kong Museum of Art.
Zao Wou-Ki prépare pour la future station de métro Oriente à Lisbonne un ambitieux projet de panneau mural en céramique (près de 13 mètres de long), qui sera inauguré en mai 1998.
1997
Zao Wou-Ki accompagne le président français Jacques Chirac en Chine.
Il assiste à l’inauguration du musée Miho à Kyoto conçu par son ami I. M. Pei.
1998
Zao Wou-Ki se rend en Chine à l’occasion de la grande rétrospective organisée au musée de Shanghai avec l’Action française d’action artistique et le mécénat de la société L’Oréal.
Cette exposition est ensuite présentée au palais des Beaux-Arts de Chine à Pékin et au palais des Beaux-Arts de Canton.

Inauguration à Shanghai, le 4 novembre 1998. Droits réservés

Années 2000
2000
Zao Wou-Ki accompagne le président français
Jacques Chirac en voyage officiel en Chine.
Ses œuvres constituent le volet contemporain de la grande exposition
« Chine, la gloire des empereurs » au Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.
2001
Rétrospective à l’IVAM à Valence et au musée d’Ixelles à Bruxelles.
2002
Zao Wou-Ki est élu à l’Académie des beaux-arts, au fauteuil de Jean Carzou. Il y sera reçu officiellement le 26 novembre 2003.
2003
Expositions à la Marlborough Gallery à New York et au Taidehalli à Helsinki.
À Paris, la Galerie nationale du Jeu de Paume organise la première grande rétrospective française de l’artiste, regroupant une centaine d’œuvres venues du monde entier, qui seront vues par 135 000 visiteurs.

À la Galerie nationale du Jeu de Paume devant le triptyque Mai-septembre 89 lors de la
remise de son épée d’académicien le 26 novembre 2003. Photo Dennis Bouchard

2004-2005
Rétrospectives au musée des Beaux-Arts de Dunkerque, au musée Fabre à Montpellier, au Bridgestone Museum à Tokyo et à l’Espace Bellevue à Biarritz.

Avec son ami I.M. Pei à New York, 2005. Droits réservés

Avec Dominique de Villepin à l’Hôtel Matignon, 2005. Droits réservés

2006
I. M. Pei inaugure le nouveau musée de Suzhou (Chine) avec « Black & White Dream », une présentation d’œuvres de Zao Wou-Ki.
Zao Wou-Ki est élevé au grade de grand officier de l’ordre de la Légion d’honneur par le président Jacques Chirac.
2008
Zao Wou-Ki exécute deux séries de vases originaux pour la Manufacture nationale de Sèvres.
La vaste rétrospective que lui consacre la Bibliothèque nationale de France à Paris est reprise au Suzhou Museum en Chine.
Exposition au musée de l’Hospice Saint-Roch à Issoudun.
Zao Wou-Ki décide d’arrêter la peinture à l’huile.
2009
Les éditions Flammarion publient une importante monographie avec un texte critique inédit
de Dominique de Villepin, trois cents reproductions et une fortune critique actualisée.
Années 2010

2010

Zao Wou-Ki peint au printemps ses dernières aquarelles.

Le triptyque Hommage à Claude Monet (1991) est présenté au sein du pavillon France à l’Exposition universelle de Shanghai en même temps qu’une sélection des chefs-d’œuvre du musée d’Orsay.

Exposition à la Fondation Árpád Szenes – Vieira da Silva à Lisbonne.
L’inauguration des quatorze vitraux de Zao Wou-Ki pour le réfectoire du prieuré de Saint-Cosme, près de Tours, est l’occasion d’une exposition de ses œuvres d’arts appliqués (créations pour les Manufactures nationales de Sèvres et des Gobelins, pièces en porcelaine des ateliers Bernardaud à Limoges).

2011

Zao Wou-Ki s’installe à Dully, en Suisse, avec son épouse Françoise.

2012

Présentation de ses aquarelles récentes autour du triptyque Hommage à Claude Monet au musée des Beaux-Arts de Rouen.

2013

Zao Wou-Ki meurt à l’hôpital de Nyon, Suisse, le 9 avril. Selon sa volonté, ses obsèques ont lieu au cimetière du Montparnasse à Paris.
La Fondation Ishibashi lui rend hommage en lui consacrant une salle au Bridgestone Museum of Art à Tokyo.
La ville de Locarno, en Suisse, organise la première rétrospective posthume de son œuvre, mettant en lumière la collection que lui a léguée l’éditeur et marchand d’art suisse Nesto Jacometti, avec lequel Zao Wou-Ki a collaboré de 1950 à 1965.
L’œuvre de Zao Wou-Ki est aujourd’hui présente à travers plus de 150 collections et 20 pays.
Françoise Marquet et Yann Hendgen

Au Prieuré de Saint-Cosme à Tours devant les vitraux de la chaire de lecture, juillet 2010. Photo Philippe Koutouzis