Exposition en cours  29.04 – 09.09.2022

Actualité des expositions en Asie. Printemps-été 2022

Tokyo, Artizon Museum, Exposition « Transformations »: Zao Wou-Ki, Joan Mitchell, Henri Michaux. Photo Keizo Kioku, Courtesy of Artizon Museum, Ishibashi Foundation

Deux ans après l’inauguration de ses nouveaux espaces, l’Artizon Museum de Tokyo propose un parcours inédit dédié à ses collections permanentes. Mettant en évidence les acquisitions récentes de l’Ishibashi Foundation, à l’origine de ce projet muséal, l’exposition « Transformation : Arts Crossing Borders in the 19th and 20th Centuries », qui se tient du 29 avril au 10 juillet 2022, entend mettre en lumière les changements, les réformes, les transformations profondes qui surviennent dans l’art américain, japonais et européen de la fin du XIXème siècle jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale. 

L’exposition est constituée de quatre parties chronologiques, chacune dédiée à un peintre et à son approche particulière. La première est consacrée aux recherches de Renoir, exposé aux côtés de Mary Cassatt, Edouard Manet ou encore Berthe Morisot, tandis que la deuxième donne à voir des œuvres d’artistes japonais expérimentant les techniques et motifs européens, tels Fujishima Takeji ou Fujita Tsuguharu. L’œuvre de Paul Klee est ensuite mise à l’honneur à travers un ensemble de douze œuvres, alors que l’exposition se termine sur la section consacrée à Zao Wou-Ki, incarnant la fusion de l’Orient et de l’Occident que cherche à valoriser l’Artizon Museum, suivant en cela l’exemple de Shajiro Ishibashi.

Tokyo, Artizon Museum, Exposition « Transformations »: Zao Wou-Ki, Paul Klee, Maria Helena Vieira da Silva, Wols. Photo Keizo Kioku, Courtesy of Artizon Museum, Ishibashi Foundation

Situées après la salle dédiée à Paul Klee, dont l’influence sur le peintre a été considérable lors de ses premières années parisiennes, les encres, huiles et aquarelles de Zao Wou-Ki sont exposées aux côtés d’œuvres de ses amis proches, Joan Mitchell (Blue Michigan, 1961), Pierre Soulages (Painting 26 May 1969, 1969), Henri Michaux (Untitled, 1979-81) ou encore Maria-Helena Vieira da Silva (Entrance 1961, 1961). Cet ensemble remarquable, témoignant de sensibilités communes, est complété par les peintures des grands représentants de l’abstraction américaine, qu’incarnent Jackson Pollock (Number 2 1951, 1951) ou Helen Frankenthaler (First Blizzard, 1957). Ces derniers avaient par ailleurs grandement impressionné l’artiste lors de son premier voyage aux Etats-Unis, à la fin des années 1950.

Zao Wou-Ki, Ville engloutie, 1954, huile sur toile, 60 x 73 cm. Artizon Museum, Ishibashi Foundation. Droits réservés

Parmi les onze œuvres exposées, notons Ville engloutie (1954) acquise en 2019, et une aquarelle (Untitled (Landscape)) de 1950, donnée par l’artiste à l’occasion de la grande rétrospective qui lui était consacrée en 2004-2005 par la Fondation Ishibashi dans ce qui était alors le Bridgestone Museum of Art. Grâce à ce nouvel accrochage, l’Artizon Museum perpétue les liens qu’entretenait Zao Wou-Ki avec cette prestigieuse collection et la famille Ishibashi. 

Tokyo, Artizon Museum, Exposition « Transformations »: Zao Wou-Ki, Joan Mitchell, Henri Michaux. Photo Keizo Kioku, Courtesy of Artizon Museum, Ishibashi Foundation

Comme nous l’avons mentionné dans notre article consacré aux dernières acquisitions du musée, Zao Wou-Ki était un ami proche de la famille Ishibashi, et plus particulièrement de Kanichiro Ishibashi (1920-1997), le fils du créateur de la Fondation. Possédant l’une des plus grandes collections d’œuvres de l’artiste en Asie, la Fondation et son musée continuent d’accorder une place considérable à Zao Wou-Ki, au travers d’expositions qui mettent en évidence les liens profonds qu’il entretenait avec le Japon et ses acteurs culturels.

Dans le cadre du French May Festival de Hong-Kong, la galerie Alisan Fine Arts propose, pour la cinquième fois depuis sa création en 1980, une exposition monographique dédiée à Zao Wou-Ki, du 15 juin au 9 septembre 2022. Comprenant des œuvres des années 1950 à 1990, ainsi que du matériel d’archive mettant en évidence les relations que l’artiste a entretenues avec la galerie, ce parcours retrace la carrière du peintre et sa maîtrise des différentes techniques, mêlant encres, aquarelles et peintures à l’huile. 

Hong Kong, Alisan Fine Arts, Exposition « Zao Wou-Ki ». Photo Alisan Fine Arts

Fondé en 1993 par le Consulat général de France et l’Alliance française de Hong-Kong, le French May Festival est l’une des plus grandes manifestations dédiées à la scène artistique française en Asie. C’est lors de sa première édition que la galerie Alisan Fine Arts a organisé sa première exposition de Zao Wou-Ki à Hong-Kong, suivie en 1996 par une exposition monographique. Particulièrement attachée à promouvoir les échanges culturels, Alice King, co-fondatrice de la galerie, propose chaque année des expositions d’artistes français ou franco-chinois, tels Zao Wou-Ki, Chuh Teh-Chun ou Marc Chagall et Richard Texier. Reconnue dans ses efforts pour consolider les liens entre ces deux cultures, elle a par ailleurs été nommée Chevalier des Arts et Lettres en 1995, Chevalier de la légion d’honneur en 2000 et Officier de l’ordre national de la Légion d’honneur en 2013. 

Hong Kong, Alisan Fine Arts, Exposition « Zao Wou-Ki ». Photo Alisan Fine Arts

Près de 30 ans après la première exposition dédiée à Zao Wou-Ki, l’Alisan Fine Arts perpétue les liens de fidélité qu’entretenait l’artiste avec Alice King, qui l’a beaucoup promu en Asie. Zao Wou-Ki fait partie de cette génération d’artistes chinois vivant à l’étranger (la « lost generation », pour reprendre les termes de la galeriste), qui n’ont été découvert par la scène chinoise que tardivement, bien qu’avec succès. Après Taiwan, Hong Kong est devenu un des lieux de la reconnaissance de son travail. Il y dispose aujourd’hui d’une importante renommée et de très nombreux collectionneurs.