Exposition en cours  15.09.2021 – 10.07.2022

« Slip Zone: A New Look at Postwar Abstraction in the Americas and East Asia » au Dallas Museum of Art (Dallas, TX)

L’un des effets de la pandémie mondiale sur le monde muséal a été de remettre, temporairement peut-être, en cause le modèle global des grandes expositions aux prêts mondialisés. Face à l’augmentation du coût du fret aérien et de la difficulté de faire voyager œuvres et convoyeurs, de nombreux musées ont l’excellente idée d’explorer leurs collections permanentes.

Le Dallas Museum of Art met ainsi en lumière au sein de ses propres collections les innovations et créations artistiques en peinture, sculpture et performance dans la vaste zone géographique des Amériques et de l’Asie de l’est dans la seconde moitié du XXe siècle. Le panorama est vaste, allant des États-Unis au Japon en passant par le Brésil et la Corée, mettant en perspective des œuvres d’artistes Gutai, de la tendance Dansaekhwa coréenne, d’artistes américains sensibilisés au monde asiatique ou encore de muralistes sud-américains.

Vue de Slip Zone. A New Look at Postwar Abstraction in the Americas and East Asia au Dallas Museum of Art. Courtesy Dallas Museum of Art

Ce sont ainsi toutes les tendances de l’abstraction d’après-guerre qui sont représentées, montrant une grande variété de supports et de techniques, d’influences et de pratiques. Ces recherches plastiques d’une grande inventivité démontrent la richesse de la création de cette période.

Le tableau Dédié à May Chan de Zao Wou-Ki a été donné en 1996 au Dallas Museum of Art par Elsa von Seggern (1905-1995), une des premières femmes entrepreneur de Dallas, « en raison de son amour et de son respect pour les arts ». 

Zao Wou-Ki. Dédié à May Chan, 1958. Huile sur toile, 118 x 134 cm. Courtesy Dallas Museum of Art

Peint lors du long séjour de Zao Wou-Ki à Hong Kong de février à août 1958, il est le témoin des avancées picturales et de la mutation artistique de l’artiste. Ce voyage est le premier contact avec le monde chinois de Zao Wou-Ki depuis son installation à Paris en avril 1948. Ces dix années lui ont permis de s’imposer sur la scène parisienne et de se recomposer une nouvelle famille d’artistes. Depuis 1951, l’influence de la peinture de Paul Klee lui a permis de quitter la stricte figuration. S’inspirant de sa propre tradition, Zao Wou-Ki détourne et invente des signes imaginaires basés sur les signes archaïques chinois, qu’il intègre à ses compositions. Ces signes, qui ont remplacé peu à peu les marqueurs de la réalité, vont céder par la suite la place à des masses colorées de plus en plus autonomes. 

Dédié à May Chan est le parfait exemple de cette période de transition où se mêlent influences occidentales et chinoises, signes et couleurs, dans une œuvre pleinement originale qui ouvre la période de la pleine abstraction des années 1960.

Lien vers le Dallas Museum of Art   

Dossier de presse de l’exposition