Exposition en cours  01.05.2022 – 31.08.2022

Actualités des présentations d’œuvres en musées aux Etats-Unis. Printemps-été 2022

Depuis juin 2018, le Carnegie Museum of Art de Pittsburgh présente Crossroads : Carnegie Museum of Art’s Collection, 1945 to Now, une nouvelle exposition de ses collections permanentes. Complètement réaménagée pour l’occasion, la Scaife Gallery met à l’honneur des œuvres d’art d’après-guerre et contemporain issues de la riche collection du musée, parmi lesquelles plusieurs n’avaient encore jamais été montrées au public. Le titre Crossroads, emprunté à un film d’avant-garde de Bruce Conner réalisé en 1976, exprime la volonté du commissaire Eric Crosby, Henry J. Heinz II Director du Carnegie Museum of Art, de démontrer le dialogue qui s’opère entre les artistes exposés, autant que la diversité de leurs travaux et de leurs techniques.

Photo 1. Carnegie Museum of Art, ‘Crossroads’ Installation, Courtesy Carnegie Institute (Reserved rights)

Composée de huit chapitres, l’exposition permet d’explorer plusieurs thématiques et médiums de la période d’après-guerre à aujourd’hui. Partant de l’abstraction et de l’art minimal, en passant par le cinéma d’avant-garde ou le mouvement CoBrA, le parcours révèle des pièces rares qui permettent de poser un nouveau regard sur les collections du musée.

C’est au sein de la première partie, nommée A New Horizon et dédiée aux explorations abstraites en peinture et en sculpture, qu’est exposé Foule noire de Zao Wou-Ki (1954, don de G. David Thomson en 1955). Dialoguant avec la toile (Yellow and Blue (Yellow, Blue on Orange), peinte en 1955 par Mark Rothko à sa gauche (achat en 1974) et la peinture Low Water de 1969 de Joan Mitchell à sa droite (achat en 1970), dont Zao Wou-Ki était l’ami proche, Foule noire témoigne à la fois d’une recherche commune de formes et de couleurs nouvelles, autant qu’elle démontre la particularité de la recherche plastique de Zao Wou-Ki, encore fortement intéressé par la puissance des signes chinois.

Photo 2. Zao Wou-Ki, Foule noire, 1954 (116 x 89 cm), Carnegie Museum of Art, Courtesy Carnegie Institute (Reserved rights)

Des œuvres de Hedda Sterne (Horizon II, 1963) et Willem de Kooning (Woman VI, 1953) sont également présentées face à l’œuvre de Zao Wou-Ki, tandis que des sculptures de César (Animale Organico, 1955-56), Alberto Giacometti (Walking Man I, 1960) ou encore Eduardo Chillida (In the Wind (Aizean), 1958) ponctuent cette première salle.

La collection du Detroit Institute of Art, l’une des plus importantes des États-Unis, comprend, en plus des nombreuses œuvres peintes ou sculptées, de nombreux objets d’art africain, océanien ou encore égyptien. Les œuvres des collections permanentes sont regroupées par salle, afin d’offrir le témoignage le plus complet possible de la richesse de cette institution.

C’est dans la galerie consacrée à l’art chinois qu’est exposée la grande toile de Zao Wou-Ki de 1957 (Untitled, 1957, don du frère de l’artiste le Dr. Wu-Wai Chao, 1975). Témoignant de l’intérêt que porte alors l’artiste pour les signes, qu’il redécouvre à travers l’œuvre de Paul Klee, lui-même fortement influencé par l’art chinois, cette œuvre est mise en relation avec des objets (boîtes, assiettes, figurines) ainsi qu’avec des encres de Huang Sheng (Paysages et figures, 1750, achat en 1977) ou Shen Shichang (1619, achat en 1978). 

Photo 3. Zao Wou-Ki, Sans titre, 1957 (78,7 x 221 cm), Detroit Institute of Art (Reserved rights)

Ce choix d’exposer une œuvre de Zao Wou-Ki au sein d’une salle consacrée à l’art chinois permet de révéler l’attachement profond qu’éprouvait le peintre pour cette culture, ses objets et ses traditions, ainsi que de mettre en évidence la modernité de son travail et sa capacité à fusionner les techniques et les motifs occidentaux et chinois sur la toile. 

Suite à sa reconstruction et son agrandissement en 2016, le San Francisco Museum of Modern Art (SFMOMA) a modifié son accrochage et présente les œuvres de sa collection, ainsi que plusieurs expositions temporaires par année, sur pas moins de sept étages. Possédant un très grand fond de photographies, présentant également l’art vidéo et le design en plus de la peinture et de la sculpture, le SFMOMA offre au visiteur un aperçu diversifié et complet de l’art moderne et contemporain aux Etats-Unis.

Depuis sa réouverture, le musée présente au deuxième étage « Open Ended: Painting and Sculpture, 1900 to Now », sélection de nombreuses œuvres importantes de sa collection permanente, dont Scène chinoise de Zao Wou-Ki (1951, don de Larry Aldrich en 1958). Reflétant l’attachement qu’éprouve le peintre pour la Chine quittée trois ans auparavant, cette peinture, bien que présentant les éléments figuratifs (arbres, collines), montre déjà un artiste à la recherche de son propre langage artistique. Zao Wou-Ki synthétise déjà des motifs qu’il délaissera progressivement au profit d’une abstraction toujours plus forte et, surtout, plus personnelle. 

Photo 4. Zao Wou-Ki, Scène chinoise, 1951 (32,7 x 40,3 cm), San Francisco Museum of Modern Art, courtesy SFMOMA (Reserved rights)

Au sein de cette exposition sont également visibles des œuvres d’Henri Matisse (Femme au chapeau, 1905), Georgia O’Keefe (Lake George, 1922), Mark Rothko (No.14, 1960, 1960) ou encore Joan Brown (Noel in the Kitchen, c.1964). Souhaitant explorer de nouveaux liens entre les artistes et leurs travaux, le SFMOMA démontre par cet ensemble « la complexité et les contradictions » de l’art moderne et contemporain, ainsi que la dynamique de ce siècle durant lequel s’opère de nombreux et importants changements sociaux, culturels et artistiques.

Le Dallas Museum of Art présente depuis septembre 2021, la toile intitulée Dédiée à May Chan (1958, don d’Elsa von Seggern « en raison de son amour et de son respect pour les arts », 1996), au sein de l’exposition Slip Zone: A New Look at Postwar Abstraction in the Americas and East Asia (jusqu’au 10.07.2022).

La Yale University Art Gallery présente la peinture 07.10.63 (don Susan Morse Hilles en 1965) ainsi qu’une estampe de 1955 de Zao Wou-Ki au sein de l’exposition “Midcentury Abstraction: A Closer Look” (jusqu’au 26.06.2022).